24.09.2008

Amanda Palmer à vif

Amanda Palmer, "Who Killed Amanda Palmer" (CD Roadrunner Records/Musikvertrieb)

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Clin d'oeil aux fanatiques de Twin Peaks? Possible. De "Qui a tué Laura Palmer" à Who Killed Amanda Palmer, la référence est limpide. Photo de pochette jouant des tons de cabaret macabre, teint blafard, lipstick rouge sang, jarretières et trophée de chasse. Le contenu musical, en revanche, s'il n'est pas si loin des ambiances dangereusement feutrées de Lynch, file d'un tout autre coton. Punk, avant tout. Normal, Amanda Palmer n'est autre que la moitié féminine des Dresden Dolls. Du duo au solo, la New Yorkaise a gardé pour elle ses incantations rageuses, ses minauderies piégées et ce goût marqué pour l'usage rythmique du piano. A vrai dire, on préfère nettement son duo d'origine. Au troisième face-à-face piano-voix, la gorge se dessèche. Alors, vite, on plonge dans le bain de cuivres qui explose magistralement la chanson Leeds United! Gageons que la belle Amanda saura ressusciter un de ses quatre. On attend la suite.

16.09.2008

Lambchop, toujours plus beau

Lambchop, "Oh (Ohio)" (CD CitySlang/TBA)

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A chacun ses addictions. Lorsqu'un nouveau Lambchop arrive, on s'y plonge corps et âme. Pour à n'en revenir qu'à moitié, couvert d'une mélancolie ramassée entre la rangée infinie de poteaux télégraphiques mal aguillés, un vieux caban moisi et l'une ou l'autre bouteille jamais finie, que l'on garde comme une relique d'un amour passé. Tout cela et bien plus encore - ou ce que bon vous semblera - tient dans la voix susurrée de Kurt Wagner, l'homme de Lambchop, son esprit et son plumitif. Auteur adulé comme de juste pour sa country à large spectre, ou americana délicatement et généreusement orchestrée, ou "laid back" mélancolique plus que de raison, ou allez savoir quoi d'autre (qu'importe, au fond, tant qu'on peut l'écouter), le Sieur Wagner entame son Oh (Ohio) (CD CitySlang/TBA) sur un rythme à peine esquissé d'inspiration cubaine. Un vent du Sud, qui remonte dans le froid. L'ordinaire (mais quel ordinaire!) de Lambchop fait le reste: toujours le même topo. D'autres le feraient, qu'ils passeraient pour des geignards. Kurt Wagner, si il a la tristesse collée aux cordes vocales, en fait des coquillettes qu'il aligne patiemment autour de son amante couchée et nue. Bon, assez dit de conneries. On le remet, on écoute. C'est tout. (fg)

09.09.2008

Marc Perrenoud, jusqu'au bout de Miles

Marc Perrenoud Trio: "Logo" (CD Neuklang/Musicora)

Perrenoud.jpg Une pochette bleue encadrée de vert, littéralement Blue in Green, comme si l’horizon infini du ciel et de la mer se contractait dans un écrin de verdure. Logo est un disque de fin d’été, de flânerie au crépuscule dans la caresse des derniers rayons de soleil avant l’automne. Il y a quelque chose d’extraordinairement sensuel mais aussi d’organique dans le premier album du trio formé par le pianiste genevois Marc Perrenoud avec Marco Müller (contrebasse) et Cyril Regamey (batterie). Un mélange d’intensité, d’urgence et de volupté qu’on trouve parfois au concert, rarement au disque. Contagieuse, l’énergie générée par les trois complices ne lâche plus l'auditeur pendant 52 minutes, sur cinq compositions originales du pianiste et quatre standards, des lignes souples de Mib jusqu’à You and the Night and the Music, interprété avec une nonchalance distinguée digne du vieux maître cubain Rubén González. Le trio trouve aussi le temps de réinventer/s'approprier/transfigurer deux standards de Miles Davis, Blue in Green et Solar. Prenant ce dernier titre à la lettre, Marc Perrenoud va jusqu'au bout de sa relecture fulgurante, dans une envolée modale extatique et hallucinée qui se hisse, à sa manière joyeusement turbulente, aux côtés des versions historiques de Bill Evans ou Keith Jarrett. Un disque qui brûle les doigts. (ls)

Roots Manuva, ça n'est pas du flan

Roots Manuva: "Slime & Reason" (CD Big Dada/Musikvertrieb)

Manuva.jpgQuoi de neuf, en ce joli mois de septembre? Le dernier Metallica? Ou le nouveau The Verve? Non? Le deuxième disque des Parisiens Poni Hoax, alors? Sympa, quoique un peu gluant dans les encoignures. On veut bien, mais pas avant d'avoir éclusé le dernier Roots Manuva, lequel ne date pas d'hier (encore qu'à l'échelle d'une vie, on reste dans le raisonnable). La tête de file du label Big Dada, maison de disques dont on n'a de cesse de bramer à tout va l'excellente tenue (comme de juste, d'ailleurs), rempile avec un album plus introspectif que jamais. Slime & Reason, "la vase et la raison". Ou, mieux, "l'éponge qui nous sert de conscience et les vaines tentatives d'en tirer quelque chose". A chacun son interprétation. Reste un curieux titre. En fait d'étrangetés toutes britanniques, le Sieur Manuva, flow monotonal de précision et néanmoins fort élégant, laisse de côté le lyrisme charpenté de puissantes basses qui fit le succès du superbe Awfully Deep. En compagnie d'une jeunesse musicale toute enthousiaste à l'idée de traficoter avec la star londonienne du hip-hop, notre homme explore le versant minimaliste de la musique électronique. Beaucoup de synthétiseurs, des "tuut" très vintage, des arpèges comme en septante et du moelleux old school aussi. Toutes sortes de choses qui confèrent un esprit ludique à une certaine âpreté dont le rappeur londonien ne semble pas vouloir se débarrasser. Tant mieux! (fg)

05.09.2008

Songe des brumes d'Ecosse

James Yorkston: "When The Haar Rolls In" (CD Domino/Musikvertrieb)

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Le patricien écossais a son tartan, qu'il promène entre ses moutons sur les hautes terres du pays. L'homme de rien, le besogneux, le marin ou, pis, le docker, ballade quant à lui son blues dans le port des villes, entre ponton et pavés mouillés, là où, à l'instar des monstres de légende, le brouillard attend son heure. Cette brume a même un nom vernaculaire, "Haar". A tout seigneur, tout honneur, dit-on, ainsi que ses hommages et ses poètes. On n'ose imaginer le nombre de bardes aux odeurs de vieille laine qui ont fait leur pensum sur le smog local. Faute d'être né à la bonne heure, on en retiendra au moins un, lequel n'est pas tout de même né de la dernière pluie. James Yorskton, comme ses pairs, a la détente longue en ce qui concerne ses vocalises. Idem de sa musique. Raison de plus pour s'y attarder. Pour qui prendra le temps, la surprise est belle, lorsque les délicats instruments acoustiques, guitares, violon, banjo et flûte, enflent dans un élan de lyrisme d'où émergent piano et choeurs. Au bout du songe, la brume se crève, laissant apparaître l'horizon. Son nom? When The Haar Rolls In. Superbe, et aussi intrigant que la pochette. (fg)

03.09.2008

Sonotone, le réveil

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Enfin! A vrai dire, ça ne s'est jamais vraiment arrêté. Juste un coup de mou, deux-trois bébés, une période estivale riche en découvertes, et hop! nous revoici qui mettons la main à la pâte. Indécrottablement axés sur leurs petits dadas musicaux, vos dévoués (un peu) Luca Sabbatini et Fabrice Gottraux, présentement journalistes culturels et bien connectés de la Julie, iront de leur chroniques discographiques à raison d'une bafouille quotidienne. Et le week-end, repos.

Bonne lecture. ls & fg

04.07.2008

dälek, label d'attaque

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"Deadverse Recordings a été créé par dälek pour accueillir de la vraie musique par les musiciens les plus cinglés en circulation. Peu importe le style - pour citer Phil Spector, "il n'y a que deux genres de musique, la bonne et la mauvaise!" A Deadverse Recordings, nous ne travaillons qu'avec le premier genre."

C'était déjà le duo le plus créatif de la planète hip-hop; dälek devient donc producteur discographique. Epoque bénie où les artistes prennent leur sort en main et se battent pour défendre leurs goûts et leurs idées. Longue vie à Deadverse Recordings! (ls)

16.06.2008

R.I.P. Esbjörn Svensson, 1964-2008

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L'âme d'E.S.T., le pianiste suédois Esbjörn Svensson (crédit photo: Patrick Audoux), est décédé samedi dernier des suites d'un accident de plongée près de Stockholm. Il avait 44 ans. Avec Dan Berglund (basse) et Magnus Öström (batterie), Esbjörn Svensson avait créé un style unique, au croisement du jazz, de la pop et de l'électronique, entre Monk et Radiohead, entre mélodies ciselées et loops entêtants. L'une des rares formations européennes à cartonner en Amérique du Nord, le trio séduisait un public très large et souvent jeune, bien au-delà des frontières du jazz. En Suisse romande, on avait entendu E.S.T. au Montreux Jazz et à Lausanne. Le public genevois attendait ces Suédois iconoclastes le 2 février 2009 au Victoria Hall. Trop tard. (ls) 
 
A écouter: When God Created The Coffeebreak, live à Juan Les Pins, 19 juillet 2003.
 

06.06.2008

"Nude", le remix low tech

Radiohead comme vous ne l'avez jamais entendu, grâce à ce remix low tech de Nude par Jim Houston. Drôle et virtuose. (ls)

30.05.2008

Le retour de la "moitié dorée"

Ah, les divines années 70, âge d'or du kitsch, des expérimentations en tous genres et du goût discutable... Une vidéo qui fait des ravages ces jours-ci sur YouTube témoigne d'une ferveur intacte pour cette décennie libertaire. Les héroïnes en sont trois jolis brins de filles frisant l'anorexie qui chantent en japonais Adam and Eve, un tube de Paul Anka. Renseignements pris, le groupe féminin s'appelait Golden Half (Golden Hafu en langue nippone) et rendait hystériques les habitants de l'Empire du Soleil Levant, surtout les mâles. Drôle d'appellation, non? C'est que les mignonnes avaient pour caractéristique d'être toutes métisses, moitié japonaises, moitié autre chose. Laquelle était la part dorée? Mystère... (ls)